Etape 5 : l’église de la Révolution à nos jours

  • Révolution Française

La vieille église va devenir un centre de politique et où, faute de locaux assez vastes dans le village, les habitants se réuniront pour discuter leurs intérêts.

Le 15 avril 1789, , les syndics, notables et habitants de la paroisse de Charonne s’assemblèrent dans l’église pour la nomination de leurs députés à la prévôté de Paris. C’est dans ce même lieu et le même jour, que les habitants réunis rédigèrent les Cahiers de leurs revendications adressées aux Etats généraux. Ces cahiers, furent remis à MM. d’Artis de Marcillac, prévôt; Virette, syndic ; Aubert, bourgeois, qui venaient d’être désignés comme députés de Charonne à la prévôté de Paris.

Extrait des cahiers de Doléances

Pendant la révolution : église est vidée, y compris de sa modeste orfèvrerie. Le bâtiment est rendu au culte en 1802, à l’occasion du CONCORDAT qui accorde la liberté de culte. C’est la date à laquelle a été peint le tableau qui se trouve au fond de l’église, par Joseph Suvée peintre de Bruges fin XVIIIe / début XIXe, « St Germain bénissant Ste Geneviève ». Il est possible aussi que ce soit le moment ou apparait la légende d’une rencontre à Charonne, entre St Germain et Ste Geneviève

L’église est construite dès l’origine à flanc de colline de Ménilmontant, dans laquelle de nombreuses sources rendent le terrain instable (en témoigne le nom de la rue « de la cour des noues » juste au-dessus, les noues étant des canaux d’irrigation). Ces sources, maintenant captées par le réservoir situé au-dessus du cimetière, ruisselaient en rendant le terrain instable. Dès 1812, des travaux sont effectués : réparation du mur nord (côté colline), tranchées qui isole le bas de ce mur de la pente pour permettre un meilleur écoulement de l’eau.

Signalons en 1848, la reconstruction de l’escalier majestueux (au milieu duquel  est découvert une citerne).

En 1862, le village de Charonne est annexé  à Paris, pour devenir un quartier du XXe arrondissement. Des  travaux sont effectués dans la rue de Bagnolet et l’ancienne mairie du village, qui jouxtait l’église (à droite des escaliers en montant) est détruite. Ces travaux fragilisant l’édifice, ont accentué les  glissements de terrains

L’église et son cimetière sont classé « monuments historiques » par André Malraux lui-même en 1962. Ses enfants morts dans un accident de voiture, seront enterrés dans le petit cimetière.

Pour finir cette visite, vous aurez peut-être ressenti un air de « déjà vu » en contemplant le fond de l’église : vous aurez alors reconnu le lieu où a été tourné la scène finale du film culte « Les Tontons flingueurs »

 

  • Orgue de 1850, classé par la ville de Paris

L’orgue, instrument historique classé, a été construit par Suret père et fils dans les années 1850-1860 comme peuvent l’attester la plaque de la console et la facture instrumentale, en l’absence de documents d’archives.

Il s’agit d’un orgue mécanique de deux claviers et pédale, logé dans un modeste buffet, avec console indépendante tournée vers la nef et pédale, dont les dispositions sont restées inchangées :

    • 1er clavier « Grand orgue » (54 notes)
    • 2ème clavier « Récit expressif » (42 notes)
    • Pédale (18 notes)

En 1935, la Maison Gutschenritter, qui était chargée de l’entretien de l’orgue, opéra une révision. Au cours de celle-ci des modifications ont été apportées et ont altéré l’œuvre de Suret.

Dans les années 1990, l’orgue, qui n’était plus utilisé, a été vandalisé et a perdu quelques-uns de ses tuyaux. Il a été démonté en novembre-décembre 2004 en vue de sa restauration, pour une durée de dix-huit mois, par J.Pascal Villard. .Cette restauration consiste à corriger les dégradations de l’instrument et les altérations de Gutschenritter, et à faire quelques améliorations ne remettant pas en cause l’œuvre de Suret.

L’orgue ayant repris sa place sur une tribune et dans un espace rénové, des concerts vont permettre d’apprécier ses qualités musicales  retrouvées.

 

  • Aller plus loin :

A la fin du XIXe s, Marie de Miribel fonde l’hôpital de la Croix St Simon, qu’elle dote d’une chapelle (Chapelle St Charles).

Au début du XXe e siècle, la population de l’est parisien explose de façon exponentielle, et le manque d’église se fait sentir. « Les chantiers du cardinal » construisent au plus vite une série de nouvelles églises pour pallier ce problème.

En face de la vieille église St Germain de Charonne, vous remarquerez une église plus moderne, l’église St Cyrille et Méthode, vouée au culte catholique malgré son nom. Elle fut construite dans les années 30. La paroisse St Germain de Charonne y célèbre la Messe chaque dimanche comme la communauté croate accueillie dans ce lieu.

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