Etape 2 : la légende de fondation

Cet évènement est évoqué par un tableau de Joseph Suvée (St Germain bénissant Ste Geneviève) à peintre de Bruges fin XVIIIe / début XIXe) que vous pouvez admirer au fond de l’église

La fondation de l’église fait suite à une légende, celle de la rencontre entre l’évêque d’Auxerre St Germain parti évangéliser l’Angleterre, avec une jeune fille qui n’est autre que la future Ste Geneviève.

Saint Germain est une des grandes figures du christianisme du Ve siècle ; c’est aussi le patron de l’église St Germain l’Auxerrois (à ne pas confondre avec St Germain, évêque de Paris, fondateur de St Germain des Prés.) Il est mort en 448 à Ravenne. On connait son histoire grâce à l’ouvrage de l’un de ses disciple, Constance de Lyon,  la première  écrite 20 ans après sa mort, mais qui ne fait pas allusion à cet épisode. Pour lui, les deux rencontres ont lieu à Nanterre.

Sainte Geneviève est la fille d’un riche gallo-romain, Séverus, barbare d’origine converti au christianisme et qui possédait des propriétés jusqu’en Bourgogne ; on est donc loin de la bergère de Nanterre, même si la famille y possède une grande propriété (VILLA). Cette propriété se trouve sur la une route impériale romaine très importante, qui remonte de Lyon à Boulogne sur mer (embarquement pour l’Angleterre) en passant par Lutèce.

C’est donc à cet endroit que la future Ste Geneviève aurait fait part au grand homme de son désir d’entrer en religion. Cet épisode permet à la jeune fille de prendre la place de son père au conseil qui dirige la ville (place sans doute pas très  facile pour une femme à cette époque).

Un cartulaire du VIe siècle atteste de la présence d’un oratoire à cet endroit. On peut peut-être se poser la question d’une éventuelle récupération d’un lieu de culte païen des sources par l’Eglise chrétienne au Vie siècle, une source ayant été découverte sur le palier du grand escalier qui monte à l’église. Une lettre du pape Grégoire le Grand préconise en effet aux évangélisateurs, la transformation des lieux de culte païens en lieu de culte chrétien.

  • Traces archéologiques

Les travaux récents dans le sous-sol de l’église ont mis à jour, outre un très grand nombre de sépultures, un tesson de poterie daté du Ve siècle (pas de certitude sur le fait qu’il soit contemporain de l’église) les traces d’un silo carolingien, ainsi que les fondations d’une petite chapelle un peu plus à l’est de l’église actuelle. Elle semble datée du VIIIe siècle (contemporaine des silos).

Un très grand nombre de sépultures a été mis à jour, datant pour la plupart des XIII et XIVe siècle.

Les traces de l’ancien chœur ont été retrouvées entre les 2 premiers poteaux de la nef

L’étape suivante se trouve sur le côté droit de l’église, sous la voute basse.

  • Aller plus loin:

Qu’est-ce qu’une légende ? Ce mot vient du latin « legenda », = « ce qui doit être dit », c’est-à-dire le discours officiel qui doit guider les chrétiens ; l’histoire sur laquelle repose ce discours n’a à l’époque que peu d’importance, c’est ce qu’on peut en tirer qui est important L’histoire de Ste Geneviève, femme de pouvoir à une époque  troublée et dominée par les hommes nous montre l’importance et la stabilité de la religion chrétienne à une époque de transition : elle permet le lien entre les Francs païens (dont elle partage  la langue et la culture) et le futur royaume chrétien mérovingien après le baptême de Clovis.

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