Billet du dimanche 13 juin 2021

 Comme une graine de moutarde

 Le Règne de Dieu est comme une graine de moutarde, nous dit Jésus-Christ : semé dans la terre, sa taille est minuscule, dérisoire, imperceptible. Discrètement, lentement mais inexorablement, cette graine va croitre et se développer en un arbre immense où les oiseaux prendront abri. Cette croissance, nul ne peut l’arrêter.

Ainsi en est-il de nombreuses œuvres dans l’Eglise, qui ont commencé modestement, et qui ont ensuite donné un fruit immense.

Vers l’an 500, Benoit de Nursie s’installe comme ermite avec un autre frère dans une grotte. Aujourd’hui des milliers de bénédictins et bénédictines suivent la règle de Saint Benoît.

Autour de 1200, François d’Assisse quitte tout pour vivre pauvrement avec quelques compagnons. Aujourd’hui des milliers de frères et sœurs suivent l’exemple qu’il a donné.

En 1898, après la mort de Thérèse de Lisieux à 24 ans, ses sœurs publient ses écrits, qui se sont vendus jusqu’à 500 millions d’exemplaires et ont bouleversé de nombreuses âmes.

En 1900 dans notre quartier, Marie de Miribel a commencé par s’installer sur un banc rue des Pyrénées pour enseigner les jeunes filles du quartier à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui l’œuvre de la Croix-Saint-Simon, qu’elle a fondée, accueille des centaines de malades, de pauvres et d’enfants.

Ces réussites visibles ne doivent pas nous détourner de l’essentiel qui se passe en nous : le premier lieu du règne de Dieu se situe en chacun de nos cœurs, où la grâce du baptême, semé en nous comme une minuscule graine, se déploie de façon discrète mais inarrêtable, si nous laissons Dieu agir. Chaque petit pas que nous faisons vers Dieu ou vers nos frères peut ainsi devenir la racine d’un arbre immense qui portera des fruits en abondance. Soyons donc confiants que tout ce que nous faisons de petit, de caché, d’imperceptible, est ce qui donnera le plus de fruit, car « ce qu’il y a de faible dans le monde […], d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Corinthiens 1,18).

Père Louis-Marie Talon

 

 

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