Accueil et don, signes de notre liberté

La question de la liberté fait toujours couler beaucoup d’encre, sinon de larmes ou de civilisations : combien d’œuvres d’art, d’expériences, ou de caprices et de méfaits n’ont-ils pas été commis en son nom ! Ecrits sur les murs… selon Paul Eluard… écrit par l’Esprit-Saint et des lettres de sang dans le cœur de l’homme, selon St Pierre…

Pour les uns transgresser un interdit sera œuvre de liberté, pour d’autres le moindre questionnement en sera la mise en œuvre… Pour d’autres encore, l’accomplissement du désir, pour d’autres, la recherche du meilleur bien…
Pour Jésus-Christ dans l’Evangile de ce jour, l’ouverture à la liberté se fait par le don qu’il fait de la grâce divine : elle qui promeut et couronne l’accomplissement de la personne jusqu’ici orientée par la Loi (10 Commandements). La Loi donne le chemin de vie : adorer Dieu et refuser le péché. « Choisis la vie » dit Dieu par le Sage (Ben Sirac), « là où le chemin vers la vie ou vers la mort est ouvert devant les pas de l’homme »… La ‘vie’ est donnée : en Jésus-Christ livré et l’Esprit-Saint répandu.

Soit on se trouve devant un catalogue de choses à faire, et d’autres à ne pas faire, soit on se trouve devant une orientation de vie, et c’est tout autre chose, mais surtout un tout autre état d’esprit. Soit on reste dans la logique du ‘permis-défendu’, soit on entre dans le face à face avec Dieu reçu comme Créateur et Sauveur, rejoint habituellement dans le fond de la conscience, accueilli dans Sa Parole méditée, nourri par les Sacrements reçus et la Fraternité divine partagée. C’est l’exemple du Cardinal John-Henry NEWMAN. Dans cette rencontre fondatrice avec Dieu, pressenti, découvert, accueilli et choisi au fond de la conscience, ce sera désormais tous les jours ce dialogue intime avec Dieu dans lequel il orientera toute sa vie. Libéré de ‘lui-même’ (ses attraits, ses désirs, ses péchés…), il s’appuie désormais sur Dieu et sur ce que Dieu dit, et fait.

Bienheureux ces « petits auxquels le Père révèle alors les mystères du Royaume » et pour lesquels exulte le Fils en contemplation devant cette « œuvre » du Père : l’ouverture de la communion trinitaire aux hommes.

Celui qui y a goûté sait que ce n’est pas une illusion ! Désormais le point d’appui n’est plus le même. Désormais, c’est ‘oui’ ou c’est ‘non’. Tout le reste n’est que verbiage servant le plus souvent à dissimuler nos atermoiements devant les décisions à prendre, les conversions à mettre en œuvre…, mais surtout la livraison du sujet entre les mains de son Créateur et Sauveur.

P Rémi Griveaux

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