« Qu’aurait fait le Christ à ma place ? »

Dimanche 5 avril – Dimanche des Rameaux et de la Passion

La confrontation au Covid-19, ce virus sournois qui peut atteindre toute personne, aura eu au moins et pour un temps, une conséquence positive : le réveil du regard sur autrui. Oh, nous ne nous leurrons pas sur les signes contraires, du genre vol de masques protecteurs, accaparement de nourriture et d’objets de première nécessité… Mais bien des initiatives heureuses ont vu le jour, tournées vers autrui, se demandant ce qu’on pouvait « faire pour l’autre »… qui quittait alors le statut d’étranger pour celui de voisin, voire, de compagnon d’échange et de route pour un temps… celui des courses par exemple. C’est ainsi que certaines profes-sions s’illustrent dans le dévouement à autrui, jusqu’à y laisser la vie. 

On pourrait alors souhaiter que la même conséquence puisse avoir lieu envers Celui qui donne sa vie pour nous et que nous avons peut-être plus le temps de redécouvrir pendant ce confinement. En ce dimanche des Rameaux et de la Passion l’attitude de Pilate est frappante. Il avait eu l’occasion de « faire quelque chose » pour Jésus, et ne l’a pas fait. On pourrait croire qu’il est resté dans le jugement politique. Mais c’est pire que cela : il a préféré faire passer sa pseudo-tranquillité en premier. 

Tout le contraire de la réaction des témoins de la Pentecôte lorsque Pierre et les Apôtres, sor-tant du Cénacle, annonceront la Résurrection : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ, Celui que vous avez crucifié ! Et eux, entendant cela eurent le coeur transpercé, et de répondre : ‘que devons-nous faire’ ? Pierre leur répondit : ‘Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit’ ». Act 2,37-38. 

Dans toute vie des moments charnières surgissent. Certains événements ont eu lieu une fois pour toutes, fondateurs et non répétables. C’est le cas pour nous avec le « baptême pour le par-don des péchés », et « le don du Saint-Esprit »… D’autres sont les signes d’une nouvelle vie à mettre en oeuvre : « repentez-vous (ou convertissez-vous) »… C’est l’oeuvre de toute une vie. 

Le Baptême ne dispense pas de la conversion : il en est le couronnement au-tant qu’il y appelle et y fait avancer. C’est pourquoi ceux qui ne pourront mal-heureusement pas être baptisés cette année à Pâques à cause du confine-ment ne doivent pas désespérer : Dieu accompagne l’homme de sa « grâce prévenante » (appellation riche en évocation !)…

Et c’est bien tout homme qui est appelé par le Christ à vivre de cette grâce qui va le rendre ‘saint’ (grâce sanctifiante) confirmée dans le Baptême et la Confirmation. 

« Qu’aurait fait le Christ à ma place » pourrait être un bon critère pour entrer en communion de volonté et d’action avec le Christ, au quotidien… Et puisque l’ Esprit-Saint a été répandu dans nos coeurs (Rm 5,5) peut-être même que nous n’allons plus seulement « faire des choses pour Dieu », mais permettre à « Dieu de faire à travers nous » le bien qu’Il dévoile devant ceux qui désormais choisis-sent d’être dirigés par Lui, et par là, d’être divinisés. 

Tenons compagnie à Jésus-Christ tout au long de cette Semaine Sainte, commencement d’une vie nouvelle pour nous à partir d’aujourd’hui ! Le rameau que nous recevrons plus tard nous en fera mémoire. 

Père Rémi Griveaux, curé

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